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CR1 - Économie de la santé, gestion des institutions de soins et sciences infirmières

L'évolution de la médecine, les ressources de plus en plus limitées, le transfert des compétences en matière de santé, … placent régulièrement le CR1 devant de nouveaux défis. Il doit baser ses recherches sur la nécessité de trouver des solutions efficientes dans la perspective d’un avenir de plus en plus complexe.

Les recherches du centre sont multiples et portent sur des sujets très variés tels

  • l’évaluation des coûts des séjours et des pathologies dans une quinzaine d’hôpitaux,
  • la réforme du financement de l’hôpital,
  • la réforme de la nomenclature,
  • le management des risques liés aux soins,
  • l’agrément et l’accréditation des hôpitaux,
  • la qualité des soins infirmiers,
  • l’étude de l’impact budgétaire de nouvelles thérapeutiques sur les dépenses de l’assurance maladie,
  • le health technology assessment,
  • l’évaluation médico-économique de produits innovants,
  • la détermination des moyens nécessaires à l’implémentation des recommandations provenant de l’Evidence Based Medicine,
  • la planification des ressources médicales,
  • l’empowerment des patients, la collaboration interprofessionnelle incluant le partenariat patient, etc.

Le Centre de recherche en Économie de la santé, Gestion des institutions de soins et Sciences infirmières [CREGISI-DESULB] regroupe une équipe d’enseignants, de chercheurs et collaborateurs ayant des profils variés : médecin, économiste, pharmacien, comptable, infirmier+master en santé publique, etc.
 

Deux projets du CR1

Évaluation économique dans le domaine de l’immunodéficience commune variable : Common Variable Immunodeficiency Disorder (CVID)

Équipe de recherche :

  • Philippe Van Wilder, Professeur, Promoteur du projet,
  • Mehdi Mouline, chercheur,
  • Esther de Vries, Professeur à l’Université de Tilburg

L’immunodéficience commune variable ou CVID est une forme d’immunodéficience primaire. Elle se caractérise par un taux bas de gammaglobulines et des altérations dans les réactions immunitaires. La maladie est associée à une incidence élevée d’infections au niveau du tractus respiratoire et gastro-intestinal, ainsi qu’à une morbidité importante et une mortalité augmentée. Une association avec le cancer – les lymphomes en particulier – a été démontrée. Le CVID est une maladie rare avec une prévalence estimée à environ 1 : 25 000 personnes. Vu que les symptômes initiaux sont souvent des infections récurrentes des voies respiratoires, la maladie passe assez inaperçue au début ; le délai médian entre les premiers symptômes et le diagnostic est estimé à 4 ans. Ce délai dans le diagnostic a des conséquences graves ; chaque année de délai est associée à une augmentation du risque relatif de mortalité de 2.7% à 4.5% et de comorbidités sévères comme des maladies pulmonaires chroniques, incluant la pneumonie.

Le traitement de fond standard du CVID inclut l’administration chronique d’immunoglobulines humaines polyvalentes (surtout des immunoglobulines IgG) par voie parentérale (IM, IV ou SC).

Vu les conséquences médicales importantes pour un patient souffrant de CVID, vu l’impact du délai de diagnostic et l’effet thérapeutique de l’administration d’immunoglobulines, un projet d’étude a été conclu entre l’Ecole de Santé Publique de l’ULB et l’association PPTA . L’étude a comme but : d’analyser les conséquences du CVID sur la santé sur un horizon temporel égalant l’espérance de vie ; d’évaluer les coûts directs des soins de santé sur le même horizon temporel ; de modéliser la maladie du CVID par un modèle de Markov.

L’étude analysera l’impact du délai diagnostic et l’effet du traitement par immunoglobulines.

L’analyse principale consistera à estimer le rapport coût-efficacité incrémental (ICER), exprimé en ‘Euro par année de vie (LY)’ ou ‘Euro par année de vie en parfaite santé (QALY)’ : auprès de patients souffrant de CVID sans délai diagnostic par rapport à ceux avec délai diagnostic ; auprès de patients traités de façon adéquate par des immunoglobulines par rapport à ceux traités de façon sous optimale par des immunoglobulines.

Les étapes du projet comprennent : (i) une recherche systématique de la littérature pertinente ; (ii) une modélisation économique sur base des résultats de recherche de littérature avec validation par des experts en immunologie clinique et (iii) l’évaluation économique dans 5 pays européens : la France, l’Allemagne, le Royaume-Uni, l’Italie et les Pays-Bas.

Benchmarking de services de biologie médicale

Équipe de recherche :

  • Pol Leclercq, Professeur d’université
  • Julie Van den Bulke, chercheuse
  • D. Martins, chercheur
  • Magali Pirson, Professeur

En Belgique, la perspective d'une réforme du financement hospitalier (moins de paiement à l’acte, plus de financement forfaitaire à la pathologie) suscite chez les hôpitaux un début d'intérêt pour connaître le coût de revient des prestations, des séjours et des pathologies. Ces évaluations ont surtout un intérêt pour les autorités publiques et constituent un défi intéressant pour les chercheurs. Fournir aux gestionnaires médicaux ou administratifs des résultats bruts (le coût de telle prestation, la marge engendrée par telle pathologie) est certainement souhaitable mais n'aide pas ces responsables dans leur gestion opérationnelle qui constitue leur préoccupation majeure. Les acteurs de terrain souhaitent obtenir une mise en perspective de ces informations. L'analyse des résultats, et en particulier la comparaison de ceux-ci avec ceux d'autres institutions, sont donc un des produits dérivés que les hôpitaux attendent de leur participation aux études de coûts. Ces études comparatives sont des exercices difficiles qui doivent être adaptés aux informations disponibles et aux besoins des hôpitaux.

L’objectif de cette étude est d’évaluer la performance de 12 laboratoires hospitaliers aux travers de deux types d’indicateurs :

(A) ratios de production : ces ratios sont des indicateurs concernant la gestion des ressources du laboratoire et sa productivité. On analyse l'aptitude du laboratoire d'utiliser au mieux ses capacités opérationnelles pour assurer la production. Le point de vue exploré est celui du prestataire de service.

(B) ratios de prescription : c'est une variable dont dépend le laboratoire mais qui est aux mains d'acteurs extérieurs c’est-à-dire des prescripteurs d'examens. Le système de financement belge des laboratoires est partiellement forfaitarisé. Ceci signifie qu'un nombre trop important d'analyses biologiques par séjour ou par prescription ambulatoire a des effets négatifs, non seulement sur les dépenses de notre système de santé mais également sur la rentabilité du laboratoire. Celui-ci a donc intérêt à sensibiliser les prescripteurs afin que ces derniers demandent ce qui est nécessaire pour un traitement optimal de leurs patients mais évitent des prescriptions inutiles.

Trois publications

  • Leclercq P, Lipszyc M, Martins D, Forget P, Van Obbergh L, Jaucot J, Daper A, Deflandre E, Brichant JF, De Kock M, Pirson M. Proposition de modernisation de la tarification des actes d’anesthésiologie réalisés au bloc opératoire en Belgique. Anesth Reanim. 2018;4:241–246.

  • Benahmed N, Deliège D, De Wever A, Pirson M. La planification des médecins en Europe : une revue de la littérature des modèles de projection. Rev Epidemiol Sante Publique. 2018;66(1):63-73.

  • Pirson M, Poirrier JE, Joubert S, Van den Bulcke J, Leclercq P, Avena L, Bilge B, Blanquet P, Calet K, Byl B. Evaluation of the cost and length of hospital stays related to the management of an intestinal Clostridium difficile infection. Acta Gastroenterol Belg. 2018;81(2):263-268.

Mis à jour le 11 juillet 2019