La santé environnementale et la santé au travail contribuent à la Santé Publique par la prise en compte et l’objectivation de situations d’exposition des individus que ce soit sur le lieu de travail, à domicile ou dans d’autres lieux de vie.

Elle objective également l’exposition non volontaire à l’environnement extérieur, en ville, à la campagne, aux alentours d’un site industriel ; aussi bien individuellement qu’en tant que groupe. L’environnement est étudié dans son ensemble et dans sa globalité (paramètres physiques, chimiques et biologiques mais concernant aussi des aspects psychosociaux, légaux, paysagers, …).
 

Le Centre de recherche [CR-SET] aborde aussi bien l’environnement intérieur qu’extérieur. L’approche vise à un travail multidisciplinaire en vue d’une protection de la santé humaine.



Deux projets du CR4

Impact des espaces verts / bleus sur la morbidité et la mortalité spécifique par cause en Belgique GRESP-HEALTH

Équipe de recherche :

  • Jonathan Andrieux,
  • Catherine Bouland

Le projet de recherche GRESP-HEALTH (2015-2019) est financé par le SPF Politique Scientifique / BELSPO dans le cadre du programme BRAIN-BE. Il soutient la collaboration entre plusieurs équipes de recherche d’universités belges. GRESP-HEALTH a pour objectif d’évaluer l’association entre espaces verts et bleus, qualité de l’air, nuisances sonores et la santé au niveau belge. Vivre à proximité d’espaces verts et bleus est souvent associé à une meilleure santé. Cela peut être dû à une combinaison de paramètres dont une plus faible pollution de l’air, moins de bruit, des possibilités d’activité physique, des contacts sociaux plus faciles, et le ressourcement par rapport à la fatigue et au stress. Pourtant, les facteurs socio-économiques démontrent à la fois des inégalités dans la santé et d’accès aux espaces verts et bleus. La proximité d’espaces verts et bleus serait-elle uniquement positive pour la santé ? Le projet a pour objectif d’évaluer les associations entre la vie à proximité d’un vert ou une zone bleue sur la morbidité et la santé en Belgique.
Les missions qui ont été attribuées à l’ULB portent sur l’acquisition des données belges sur le bruit et la contribution à l’acquisition des données air pour le volet environnemental et l’étude des associations entre expositions environnementales (espaces verts et bleus, air et bruit) et la santé des enfants pour le volet santé. Le projet de thèse de doctorat de Jonathan Andrieux porte sur l’impact de ces expositions sur la santé infantile en en région bruxelloise. La revue de la littérature a identifié un très faible nombre de publications portant sur le cumul des paramètres étudiés. Néanmoins, la pollution de l’air a été associée à une diminution du poids de naissance chez l’enfant et à une exacerbation de l’asthme chez l’adulte et plus récemment au développement de l’asthme chez l’enfant. Le bruit environnemental a été associé à un faible poids de naissance et de récentes études semblent indiquer l’existence d’un lien entre bruit environnemental et pathologies respiratoires chez l’enfant. Une des hypothèses est que l’exposition chronique au bruit est susceptible de majorer la réponse inflammatoire liée à certains polluants atmosphériques. Enfin, les espaces verts ont été associés positivement au poids de naissance et à chez l’enfant dans plusieurs études épidémiologiques. Deux études sont en cours. Les effets et interactions des expositions cumulées sur le poids de naissance d’enfants nés à terme et sur la consommation de bronchodilatateurs chez les enfants seront confrontés aux données d’inégalités environnementales de santé. En effet, Une exposition précoce à certains polluants environnementaux peut engendrer des effets négatifs sur le déroulement de la grossesse et provoquer des effets indésirables comme un faible poids de naissance, risque accru de morbidité et mortalité prénatale, ou le développement de l’asthme pendant l’enfance, l’asthme étant la première maladie respiratoire chronique chez l’enfant et une cause majeure de morbidité et de mortalité à travers le monde. Un indice de qualité air-vert-bruit permettra une identification rapide des secteurs statistiques dans lesquels les inégalités environnementales de santé sont les plus marquées. Élaborer des politiques publiques efficientes demande de pouvoir déterminer le poids respectif des expositions à la pollution de l’air, au bruit, et aux espaces verts sur la santé.

Voir aussi : https://youtu.be/2Lvz7R3ezoU?list=PLtWiu4yEvwjaRsuQlKtWJZa4gzBIBZZkr

Retour au travail après cancer

Équipe de recherche :

  • Régine Kiasuwa,
  • Catherine Bouland,
  • Christophe De Brouwer


La problématique du retour au travail d’individus qui ont du sortir du monde du travail pour raison médicale ou d’incapacité constitue une priorité de santé publique. Le cancer correspond à une maladie qui touche un nombre de plus en plus important d’individus jeunes et actifs. Tous les cancers ne conduisent pas à une incapacité définitive, de plus en plus de cas sont traités et même si un risque de rechute n’est jamais totalement éliminé, une vie de qualité n’est pas exclue. Chaque année en Belgique, environ 25.000 individus en âge de travailler sont diagnostiqués d’un cancer. Les améliorations liées au dépistage, au diagnostic et au traitement conduisent à une augmentation de la survie mais aussi de l’état général de ces individus. Pour bon nombre, mener une activité professionnelle est indispensable pour assurer une qualité de vie suffisante, pour garantir l’inclusion dans la société mais aussi et surtout un choix. L’étude menée par Régine Kiasuwa a visé à évaluer le retour au travail de personnes qui ont été atteintes d’un cancer, retournent-ils et elles au travail ? Quels sont les éléments qui facilitent ce retour au travail ? Le système de santé et de sécurité sociale présentent-ils des éléments à améliorer pour faciliter le retour au travail de ces individus ? Plusieurs études et méthodes ont conclu au fait que les individus qui ont été atteints de cancer retournent au travail, après avoir été soignés et pris le temps de se rétablir, dans les mêmes proportions que les autres travailleurs qui ont été malades. Toute pression économique ou sociale tel le trajet de réintégration ne se justifie pas. Un besoin de prise en charge multidisciplinaire, dès le diagnostic et tout au long de la réhabilitation professionnelle se dessine au long des approches mises en œuvre dans l’étude. L’étude identifie le besoin d’outils, de collaborations entre différents les professionnels impliqués qu’ils soient à l’hôpital, en charge des soins ou en charge de la réinsertion des travailleurs.

Trois publications

  • Kiasuwa-mbengi Regine Levo, V., Nicolaie, A., Goetghebeur, E., Otter, R., Mortelmans, K., Missinne, S., Arbyn, M., Bouland, C., & De Brouwer, C. (2018). Assessing Factors Associated with Long-Term Work Disability After Cancer in Belgium: A Population-Based Cohort Study Using Competing Risks Analysis with a 7-year Follow-Up. BMJ open, 8(2), e014094. doi:10.1136/bmjopen-2016-014094
  • Vandenberg, O., Kozlakidis, Z., Schrenzel, J., Struelens, M. J., & Breuer, J. (2018, février). Control of infectious diseases in the era of European clinical microbiology laboratory consolidation: New challenges and opportunities for the patient and for public health surveillance. Frontiers in Medicine, 5(FEB), 15. doi:10.3389/fmed.2018.00015
  • Sana, A., Somda, S. M., Meda, N., & Bouland, C. (2018, janvier 12). Chronic obstructive pulmonary disease associated with biomass fuel use in women: a systematic review and meta-analysis. BMJ open. doi:10.1136/bmjresp-2017-000246
Mis à jour le 22 mai 2019